de Mendoza à Loja (Equateur) en traversant le Chili et le Pérou du 6/01/2012 au 11/01/2012

17 01 2012

Notre bus quitte le terminal des bus de Mendoza le 5 Janvier vers 23h, arrivée prévue à Santiago du Chili le lendemain vers 7h. Nous prenons la précaution d’arriver une petite demi-heure en avance. La coutume est d’aller se présenter à l’agence émettrice du billet pour se faire confirmer le n° du quai et d’éventuels changements de programme. Et effectivement, changement de programme il y a. A cause d’un dégel trop important, des rochers emportés par la force d’un torrent se sont écrasés sur la route empêchant tout véhicule de se rendre au Chili depuis l’Argentine et vice versa. Tous les départs sont donc annulés. Sur place, nous attendons notre tour et parvenons à trouver une nouvelle combinaison de billets qui nous amènera dans un premier temps à Santiago puis à Arica, la ville frontière du Chili faisant face au Pérou. Nous rentrons, tout penauds, à notre hôtel. Pour une raison que nous ignorerons, notre bus de 12h30, le lendemain, ne part finalement qu’à 14h. Ce passage de frontière entre les deux pays traverse de part en part la chaîne des Andes, près de son sommet le plus haut, l’Aconcagua et ses 6 900m d’altitude. Pourtant, pas de routes en lacets, pas d’ascension vertigineuse, la route sillonne aux pieds de ces gigantesques et majestueux massifs de montagne. C’est probablement le passage de frontière le plus remarquable que nous ayons passé. Le bus longe le point de départ des expéditions d’alpinistes partant à la conquête du fameux sommet. A la frontière, le tout orchestré par nos deux gentils stewards, nous sommes conduits au poste de douane pour accomplir les formalités administratives : tampon de sortie, tampon d’entrée, inspection des sacs et tout le monde repart vers le bus, 4h plus tard ! Nous arriverons à Santiago à minuit le même jour après 10 heures de trajet. Un taxi nous amène ensuite au Residencial Mery, notre hôtel pour la nuit, où nous sommes gentiment accueillis par la propriétaire. Courte nuit de transit et nous repartons à pied vers le terminal des bus où nous sommes arrivés la veille pour prendre notre deuxième bus qui va nous amener à la ville frontalière d’Arica. Le bus quitte son quai à 11h sonnante et trébuchante. Ce trajet va nous faire traverser la moitié Nord du pays : un désert de 2 062km. C’est un vaste désert de pierres avec parfois quelques arbres, quelques baraquements inachevés que l’on espère abandonnés.

Le désert Chilien

Le désert Chilien bis

Le voyage dure 27 heures mais heureusement, les bus avec lesquels nous voyageons depuis le Brésil sont d’un confort inégalé avec tout type de transport confondu : avion, train, voiture. De larges et profonds fauteuils vous laissent un espace de mouvement confortable, des appuis-tête permettent de reposer sa tête fatiguée lors des trajets de nuit, des couvertures et coussins sont distribués, les sièges sont inclinables à 45°, un appendice particulier et greffé à la partie basse du siège se situant en face de vous s’incline vers vous permettant à vos jambes fatiguées de trouver un peu de repos. Bien évidemment des toilettes se trouvent à chaque étage. Des repas chauds, lorsque vous payez le prix, vous sont servis, des films tournent en boucle pour vous faire oublier ces temps de voyage que nous ne connaissons plus en France et enfin, le must du must : le wifi ! Bien sûr, nous ne parlons pas  du système de positionnement du bus par satellite, le contrôle des arrêts et de sécurité, tout cela pour le plus grand confort du voyageur, voilà du service ! Soit, nous arrivons donc dans la ville d’Arica sur les coups de 16h. Nous partons de nouveau à pied retrouver l’hôtel où nous passerons la nuit. Le soir venu nous nous baladons dans le petit centre-ville et tomberons par hasard sur une répétition en plein air d’une école de danse, c’est du moins ce à quoi cela ressemble. Le lendemain matin, nous nous présentons à 10h du matin au terminal international d’Arica. Pour accéder au Pérou et traverser la frontière, nous avons le choix entre un taxi ou un bus. Nous décidons de prendre le bus et il ne nous faudra pas plus de 2 heures pour rejoindre l’homologue péruvienne d’Arica : Tacna. Nous retardons notre montre de 2 heures. Comme Arica, Tacna est une ville pauvre, chaotique et loin de remporter un quelconque prix de beauté, cela n’enlevant néanmoins rien à la bonne organisation des bus locaux. Nous sommes gentiment toutsés (i.e. alpagués) par un Péruvien à l’entrée du terminal que nous suivons docilement jusqu’à son agence. Nous achetons auprès de lui notre voyage pour Piura, la ville du Nord du Pérou d’où nous prendrons un dernier bus pour rejoindre Loja, notre première destination équatorienne. Notre bus part dans 3 heures, ce qui nous laisse le temps de changer nos pesos chiliens en soles péruviens et de prendre un petit repas sur le pouce. Les bus péruviens seront de loin les plus luxueux que nous aurons pris de tout notre voyage. La liste des services que la compagnie Cruz del Sur propose serait trop longue mais si un jour vous êtes amenés à voyager au Pérou, faites-vous plaisir en utilisant leur service, vous ne le regretterez pas !

Bus Cruz del Sur

Notre premier bus nous emmène dans un premier temps à Lima après un voyage de 20h30. Là encore, c’est un désert ininterrompu mais de sable cette fois-ci que nous parcourons. Par moment, de petites maisons de briques et d’autres en feuilles tressées sont installées au milieu du désert, toutes semblent inhabitées et cela soulève notre curiosité. Autour il n’y a rien, que du sable à perte de vue et jusqu’aux quatre points de l’horizon. Cela ne manque cependant ni de beauté, ni d’hostilité.

Le désert Péruvien

Nouvelle nuit dans le bus. Nous arrivons à Lima à 10h30 le lendemain, au terminal de la dite compagnie. Nous devons patienter quelques heures sur place avant de prendre notre deuxième bus pour Piura, la ville du crime où nous arriverons après 15 heures de voyage.

Le désert Péruvien bis

En règle générale, nous nous renseignons toujours sur les villes que nous traversons, ne serait-ce que pour avoir une  petite idée de l’endroit où nous allons atterrir, même pour un transit seulement. Pour ce faire, nous consultons soit notre guide de voyage, soit, lorsque la ville n’est pas mentionnée, quelques forums de voyageurs. Et cela nous agace toujours beaucoup lorsque nous lisons des commentaires de personnes, extrémistes dans leur manière de présenter les choses, désignant des endroits comme les plus dangereux du monde et qui ne manque pas de stimuler en nous une réaction chimique bien familière : la peur ! Et c’est ce que nous lisons sur Piura. La ville en question, et plus spécifiquement les différents terminaux de bus, ont représenté pour un certain voyageur anglo-saxon une angoisse telle qu’il a eu le besoin vital de nous le faire partager. Bref, il est 6h du matin lorsque nous arrivons. Une fois nos bagages sur le dos, un chauffeur de taxi non conventionnel (son taxi n’est pas jaune et noir comme le sont tous les autres) nous propose de nous amener au terminal de la compagnie de bus équatorienne qui nous emmènera à Loja. Déjà mille questions nous passent par la tête. Va-t-il vraiment nous amener là-bas ? Nous payons 8 soles, le prix de la peur, car nous n’osons pas négocier de peur qu’il change finalement d’avis puis de destination pour nous emmener finalement dans Dieu sait quels faubourgs de Piura pour nous nous faire la peau. Lorsque que nous nous mettons à avoir peur, notre esprit est en roue libre,  il n’a plus de limite, plus aucune réalité sur laquelle il peut se raccrocher et se met alors à imaginer des situations complétement aberrantes, à des années lumières de la situation dans laquelle nous nous trouvons en réalité : un homme qui est certainement chauffeur de taxi, qui a surement une femme et des enfants adorables, mène une vie somme toute honnête et voit simplement en nos deux personnes l’occasion de gagner un peu d’argent, tout cela sans avoir aucune autre préoccupation que de nous amener à bon port. Ce charmant chauffeur nous amènera donc naturellement au terminal du bus de la compagnie Loja Transporte où par chance il reste des places pour le prochains bus qui quittera la ville à 9h30. Nous patientons ces quelques heures sur place. Le bus fini, comme toujours, par arriver. Ce bus mettra 10 heures pour nous amener sain et sauf, absolument crevé et avec des chevilles aussi larges que deux arcades du Panthéon à Loja. Les formalités frontalières se passeront sans encombre.

Passage de frontière

La route nous emmène enfin hors des déserts, sur une belle route de montagne qui prend fin dans la verte vallée de Loja, notre première et tant attendue étape équatorienne. Ce long voyage de 129h nous aura fait parcourir 5 083km à travers quatre pays, à travers des déserts, des collines, des montagnes et des plages.

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