de Mendoza à Mawidako et retour à Mendoza du 24/12/2011 au 05/01/2012

5 01 2012

A notre arrivée à Mendoza, nous filons faire un tour en centre-ville afin de trouver nos derniers cadeaux de Noël. Nous contactons ensuite Arnaud pour qu’il vienne nous chercher, direction  Chacras, une proche banlieue de Mendoza où il vit avec sa petite famille. Nous faisons donc la connaissance d’Arnaud, et un peu plus tard, celle de Stéphanie, sa femme, et de Camille leur petite fille de 1 an ½. Ce sont des cousins de Matthieu, la mère d’Arnaud étant une cousine éloignée du père de Matthieu. Cela fait plus de trois ans qu’ils ont quitté la France pour l’Argentine car Arnaud a été recruté par la fameuse cave bordelaise, Lurton, pour diriger les bodega argentine et chilienne de l’entreprise. Stéphanie, elle, est violoniste.

Stéphanie, Camille et Arnaud

Matthieu et Camille

Stéphanie, Camille, Sophie

Ils habitent une grande et belle maison située dans un barrio, quartier fermé et surveillé par une équipe de gardiens. Même si nous ne les connaissions pas avant, cela nous fait très plaisir de rencontrer des personnes de la famille ! Nous sommes également contents de poser nos valises pour les fêtes de Noël. Arnaud et Stéphanie sont invités chez leurs voisins et très bons amis pour cette fête avec une grande partie de leur famille. La fête commence à 23h, une heure comme une autre dans la culture argentine. Avant cela nous partons tous les cinq à la messe de la nativité qui a lieu en plein air sur une jolie place boisée de Chacras. L’ambiance de Noël est au rendez-vous et à la fin de la messe le prêtre brandit l’enfant Jésus grandeur nature devant toute l’assemblée qui s’incline et, certains iront même l’embrasser !  A l’heure dite nous rejoignons la maison de Santiago et Carolina, les amis d’Arnaud et Stéphanie, où nous sommes très chaleureusement accueillis par leurs familles. Des grandes et belles tables sont dressées dans la maison et sur la terrasse et un grand buffet bien garni n’attend plus que ses assaillants. Les personnes présentes à notre table sont très intéressées par notre voyage et ne manquent pas de nous questionner à ce sujet. A notre tour, nous discutons  avec une cousine de Carolina après avoir appris que cette dernière a gravit l’Aconcagua, le plus haut sommet de tout le continent américain, qui dépasse les 6900 mètres d’altitude ! A minuit, une tempête de pétards sévit dans tout le barrio, ce qui ne manque pas de terrifier enfants et chiens qui se réfugient respectivement dans les bras de leurs parents ou sous les canapés. Peu après, tous les enfants affluent au bord du sapin de Noël au pied duquel se trouve une véritable montagne de cadeaux. S’ensuit alors un déballage magistral de cadeaux digne de ceux des Bois Dieu, maison de vacances  de Sophie. Au bout de quelques minutes, la pelouse est recouverte de papiers déchirés et les enfants s’éparpillent afin de profiter au plus vite de leurs tout nouveaux jouets. Quel beau spectacle ! Le lendemain, après une longue grasse matinée et un petit-déjeuner familial, Santiago et Carolina viennent déjeuner chez Arnaud et Stéphanie, accompagnés de deux de leurs enfants. L’occasion pour nous de redécouvrir l’asado  (barbecue argentin) précédé d’un bien français  foie-gras. Le ciel, un peu brumeux la veille, s’est largement découvert, nous offrant une vue superbe, depuis le jardin, sur deux hauts sommets enneigés de la Cordillère des Andes dont un volcan haut de 6000 mètres environ. Nous profitons de cette journée tranquille et chaude pour appeler longuement nos familles et leur souhaiter un Joyeux Noël, le premier que nous passons loin d’eux. Le départ pour le camp de pêche ou éco-lodge, Mawidako, est prévu pour le lendemain en début d’après-midi. Nous chargeons donc le pick-up d’Arnaud pendant la matinée avec une quantité incroyable d’équipements en tout genre : toiles de yourtes, peaux de bêtes, stères de bois, tentes, duvets, outils, équipement de pêche, denrées pour 4 jours, etc. Le pick-up ressemble à présent à un convoi africain.

Départ chargé

Avant de partir, nous disons au-revoir à Stéphanie, qui ne peut nous accompagner car elle est enceinte, et Camille. Nous les reverrons quatre jours plus tard. En route, nous nous arrêtons pour prendre Lucas, jeune argentin qui a déjà travaillé sur le camp l’année précédente en tant qu’assistant du chef cuisinier et aide de camp. Et nous voilà partis pour 4h de route jusqu’au puesto, ferme et lieu de ralliement des gauchos - sorte de cowboys argentins qui s’occupent des troupeaux de vaches, moutons, chèvres et chevaux dans les Andes - avec qui Arnaud travaille pour Mawidako. Sur la route, des voitures nous font signe que nous perdons une partie de notre chargement. Première mésaventure. Une voiture s’arrête à côté de nous et ses occupants nous tendent 3 peaux de mouton ramassées sur le bord de la route. Arnaud fait rapidement l’état des lieux et il semble que nous ayons seulement perdu deux ou trois peaux. Du coup, les cordes sont resserrées au maximum et le chargement ficelé à présent comme un saucisson. Lorsque nous arrivons au puesto, quelques heures plus tard, Jaïme, le gaucho et contact d’Arnaud et ses acolytes sont absents. Nous apprenons alors qu’ils sont à Malargüe, la ville la plus proche, car la camionnette avec laquelle ils sont censés nous accompagner perd de l’huile. Deuxième mésaventure. Arnaud, très calme et conscient que travailler avec des gauchos rend les évènements imprévisibles, tente de trouver des solutions alternatives. La première est d’aller cherchez les gauchos et de les ramener au puesto. La solution suivante est de charger une carriole à chevaux du reste du matériel et de l’attacher au pick-up. 3h plus tard, 200 kg de chargement en plus et quatre gauchos dans le coffre du pick-up et nous voilà repartis, direction le refuge situé à 2h environ du lieu du camp où nous passerons la nuit.

Le pick-up rempli de gauchos

Le chargement est tel qu’il n’est pas possible d’aller très vite. Au moment de passer la station de ski Las Lenas, nous apercevons, sur la route, deux hommes faisant de grands gestes. Nous nous arrêtons, pensant qu’il s’agit d’un contrôle policier comme il y en a beaucoup en Argentine. Troisième mésaventure. Il s’agit en fait de deux hommes très alcoolisés dont la batterie de la voiture a lâché. Ils souhaitent que nous les aidions à redémarrer. Arnaud, toujours très calme, et les gauchos attachent une corde à l’arrière de la carriole et à l’avant de la voiture : le pick-up tire la carriole qui tire la voiture qui redémarre ! Ouf, nous pouvons repartir. Nous arrivons finalement à 23h au refuge où nous ne tardons pas à monter nos tentes et à nous coucher pendant que les gauchos se réunissent autour du feu pour préparer leur inévitable asado de mouton, il est 23h. Nous nous réveillons tôt le lendemain, car, pour accéder au lieu du campement, nous devons traverser plusieurs rivières que le dégel pourrait compromettre. En effet, avec le soleil, la neige fond, gonflant ainsi les rivières et rendant l’accès possible à cheval uniquement. Nous ne pouvons partir avec la carriole dont nous déchargeons le contenu que nous rechargeons dans le coffre du pick-up. Les gauchos, eux, nous rejoindront à cheval. Seul Jaime nous accompagnera pour nous indiquer les endroits où passer. Les passages des rivières se font facilement heureusement et nous pouvons souffler un peu afin d’admirer le lieu magique dans lequel nous nous trouvons : une vallée verte aux herbes touffues, encaissée entre des montagnes arides aux couleurs très différentes – marrons, vertes, rouges, parfois bleues – et dont certaines portent encore de la neige au sommet. Des rivières traversent les prairies, des hordes de chevaux, de chèvres, de moutons paissent tranquillement dans cet endroit isolé du monde. Après une bonne heure et demie de cabriole avec la voiture, nous arrivons au lieu-dit.

Arrivée sur le site

Il reste, du campement de l’année dernière, la cuisine et une partie de l’abri servant de salle à manger. Arnaud est soulagé de constater que la neige n’a pas fait trop de dégâts. Nous nous mettons au travail sous ses recommandations, la première tâche étant de déballer tout le matériel rangé sous des grandes bâches en guise de protection contre les grosses chutes de neige hivernales.

Déballage

Le soleil tape très fort et nous faisons la connaissance des paquitos, sorte de petites mouches qui nous assaillent et nous piquent sans pitié. Heureusement, elles sont tellement légères qu’elles s’envolent dès que le vent se lève. Après quelques heures de labeur, le quincho, ou salle à manger, dont le toit est recouvert de canis nous abrite enfin du soleil.

Le quincho et la table à feu

Les gauchos quant à eux nous rejoignent et lancent la préparation du déjeuner. La deuxième chose qu’ils font après avoir allumé un feu est d’aller attraper un mouton au lasso, de l’égorger sous nos yeux, le dépecer, le découper et en faire suspendre les différentes parties sur le toit du quincho. L’authenticité argentine ! Ils accompagnent ce très beau morceau de mouton d’une sorte de ragout de riz et de légumes qui a longtemps bouilli sur le feu. Ce sont de fins cuisiniers ! Nous sommes impressionnés par ces amoureux de la nature qui vivent constamment dehors et à cheval. Ils sont bien loin de ce que nous vivions dans notre quotidien parisien!

Sergio sur son cheval

Les tables à feu

Les organes du mouton…

No coment

L’après-midi de travail reprend quelques heures plus tard avec, au programme, la construction d’une palissade pour les toilettes sèches et installer la première yourte. Il fait tellement chaud que le travail avance lentement. Nous nous y mettons tous pour monter la yourte. Il nous faut pas moins de 3h et de nombreuses tentatives pour dresser enfin cette grande tente mongole.

Montage de la première yourte

Arnaud, Domingo et un autre gaucho

La charpente de la yourte

La yourte

Lorsque nous terminons, le soleil a déjà quitté la vallée mais la lumière du soleil éclaire encore une partie des montagnes qui nous entourent.

Sophie au soleil couchant

Nuages éclairés par le soleil couchant

Entre temps, quatre des cinq gauchos sont partis à cheval vérifier l’état de leurs troupeaux dans les environs. Nous restons avec Domingo, gaucho désigné pour nous aider pendant ce montage, et qui restera également pour garder le camp jusqu’à la venue des premiers touristes début février. Comme beaucoup d’Argentins, Domingo, boit constamment du maté. Il a, avec lui, une petite sacoche en tissu qui a deux grosses poches : d’un côté se trouve de l’herbe à maté, de l’autre, du sucre.

Domingo

La journée se termine par un bon apéro bien mérité et ainsi qu’un bon dîner préparé par les gauchos et nous deux à base de soupe, pâtes et ragout de mouton. La nuit dans la yourte s’annonce plutôt bonne. Nous y avons installé des peaux de vache et de moutons sur lesquelles nous allons dormir, Arnaud, Lucas et nous deux. Les gauchos, quant à eux, dorment à la belle étoile, sans craindre une seule seconde le froid. Et ils ont bien raison car le ciel, que nous offre ce lieu enchanté, est magique : une pluie d’étoiles et une voie lactée bien nette nous recouvre.

Joli croissant de lune

Le lendemain matin, nous partons tous les deux, prendre un bain dans la source d’eau chaude qui jaillit à quelques mètres du camp. L’eau, à 40°, est très agréable et nous découvrons avec surprise sa salinité ! En conséquence, nous allons ensuite nous rincer dans la rivière voisine, nettement plus fraîche.

Les sources d’eau chaude

La mission du jour est, entre autre, de construire la douche et de préparer la structure d’une salle à manger fermée. Chacun trouve tâche à son pied.

La salle à manger en construction

De temps à autre, nous apercevons des condors qui planent juste au-dessus de nos têtes. Quel spectacle, c’est la première fois que nous en voyons en vrai et nous désespérions de ne pas en apercevoir avant de quitter le pays.

Un condor plane au-dessus de nous

Lorsque le soleil se trouve au plus haut, les fameux paquitos reviennent et nous piquent partout où ils le peuvent.

Matthieu et Lucas

Finition de la douche

La douche

Lucas, Domingo et Sophie, le regard tourné vers Arnaud

Arnaud sur le toit de la salle à manger

Arnaud et Domingo face à leur belle salle à manger

Vue d’ensemble du camp en construction

La journée passe vite et l’eau en bouteille commence à se faire rare. Pour enrayer la crise imminente, Sophie se met à faire bouillir l’eau de la rivière et à en remplir les bouteilles vides. Le succès est mince car certains préféreront boire l’eau de la rivière bien fraîche, plutôt que l’eau chaude des bouteilles, tant pis pour les risques éventuels. Néanmoins, nous serons rassurées d’avoir de l’eau « potable ». Le deuxième soir, Lucas démontre ses talents de cuisiner et nous prépare un dîner au sommet, nous sommes le 28 décembre…

Des chevaux sauvages tranquilles

Lucas, en pleine préparation du dîner

Les flammes

Les autres gauchos étant partis, nous ne sommes plus que cinq, avec Domingo, et l’ambiance est plus détendue. Arnaud nous fait déguster, depuis que nous l’avons rencontré, les excellents vins produits par ses bodegas argentine et chilienne.

Une bonne bouteille de Lurton

Après une deuxième nuit dans la yourte, nous commençons difficilement la dernière journée de travail. En effet, le vent a complètement déserté la vallée et nous sommes plus que jamais attaqués par les paquitos. Même les crottins de cheval et les bouses de vache que brûle et dissémine Domingo n’y feront rien. Il nous faut attendre le vent ou le départ du soleil… Le matin même, Arnaud est parti pêcher à la mouche – la raison pour laquelle il a monté ce lodge - et rentre au campement avec une belle truite « maron ». Malheureusement, elle glisse des doigts de Matthieu et tombera dans la rivière lorsque ce dernier a voulu la nettoyer. Sans rancune, il nous reste encore et toujours du mouton !

La truite

Une fois le climat devenu moins hostile, nous nous mettons à la construction de la deuxième yourte qui sera sur pied 3h plus tard.

La deuxième yourte

Les deux yourtes

Sophie, toute petite face à la grandeur des montagnes

Le temps de mettre de l’ordre dans tout le campement et nous voilà assis autour de la table pour prendre un dernier apéro et déguster le bon dîner préparé par Lucas. Le lendemain, nous faisons nos adieux à Domingo et quittons le camp tôt pour traverser les rivières en toute tranquillité.

La cuisine

La fine équipe

Nous quittons avec regret ce lieu magique et incroyable que vous pouvez découvrir par vous-mêmes en cliquant sur ce lien : www.mawidako.com . Sur le chemin du retour, nous admirons de plus belle ce lieu aveuglant et tellement isolé. Nous croisons un troupeau de jeunes cabris entourés de leurs gauchos, des condors nous font le plaisir de se montrer et une source d’eau soi-disant rajeunissante nous permet de remplir nos bouteilles vides. Que demander de plus ?

Sophie prend la pose face à la vallée

Un renard croisé sur le chemin du retour

petites brebis de 5 jours

Matthieu, au court de ce séjour prendra sa 10 000e photo du voyage ! Mais nous devons prendre la route et nous arrivons à Mendoza en milieu d’après-midi sous une chaleur écrasante où nous retrouvons Stéphanie et Camille. Notre première action est de prendre une bonne douche pour découvrir, sur notre corps, des dizaines et des dizaines de petits boutons rouges, causés, à coup sûr par ces paquitos qui démangeront surtout Matthieu qui succombe à ses démangeaisons, certains de ses doigts en deviennent boursouflés. Nous passons chez Arnaud et Stéphanie les quelques jours suivants où nous suivrons leur rythme paisible et reposant imposé par la chaleur: lever et petit-déjeuner tardifs, siestes, baignades dans la piscine, lecture, bons repas, bons vins. Camille se révèle être une petite fille curieuse et pleine de vie.

Un petit télo dans le jardin

Comme pour Noël, nous fêtons le réveillon du 31 chez Santiago et Carolina avec certains de leurs amis. Encore une fois, nous sommes accueillis avec beaucoup de chaleur. De nouveau, les pétards se mettent à siffler à l’approche de minuit, réveillant les enfants et effrayant les chiens. Camille, qui s’était endormie dans la voiture après lui avoir fait croire que nous partions pour un long voyage, se réveille et ne se rendormira  que bien plus tard. Nous sentons que la vie argentine s’est nettement ralentie, les grandes vacances ont commencé et avec ceci, les grands départs vers le Chili. Nous quittons avec un petit pincement cette petite famille adorable et si gentille pour nous installer à Mendoza quelques jours afin de préparer la suite de notre voyage vers l’Equateur. En nous rendant au terminal des bus, nous apprenons avec consternation que tous les bus partant pour Lima, d’où nous pensions partir pour la frontière équatorienne, sont complets jusqu’au 12 janvier. Nous sommes le 4… Heureusement, après avoir consulté toutes les compagnies, nous trouvons une combinaison de bus qui nous permet de nous rendre en Equateur en pas moins de 6 jours avec 6 bus différents et 4 nuits en transport ! Nous ferons peut-être une escale à Lima pour nous reposer et reprendre des forces.

See you


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