d’Esquel à San Carlos de Bariloche du 18/12/2011 au 23/12/2011
31 12 2011La compagnie de bus Via Bariloche nous fait remonter vers le Nord en direction de la très européenne ville de San Carlos de Bariloche située au bord de l’immense lac Nahuel Huapi. Nous avons pris la décision de nous rendre à cet endroit sous les bons conseils de Virginia chez qui nous avons séjourné à Cholila et avant à Buenos Aires. Virginia, dans ses conseils, avait mis en avant l’existence d’un refuge situé à quelques 80 km au Sud de Bariloche, au cœur du parc national Nahuel Huapi. Pour la première fois depuis 8 mois, avant de partir, nous passons un coup de fil à une auberge de jeunesse pour réserver une chambre de peur de nous retrouver sans toit à ces quelques jours des fêtes de Noël. Heureusement, une chambre nous attend à la Bolsa del deporte. La route que nous suivons jusqu’à Bariloche nous fait traverser de nouveaux paysages dont nous ne nous lassons pas : des collines et de plus hauts reliefs aux couleurs chaudes et où règnent des herbes sèches.
Depuis que nous avons quitté Paris, nous avons découvert mille et une manières de s’acquitter de nos tickets de bus. En arrivant à Bariloche, nous en découvrons une nouvelle : aucune monnaie n’est échangée dans le bus, il faut, pour pouvoir voyager, avoir acheté au préalable un ticket dans une agence de la compagnie. Nous apprenons cela par le chauffeur et lorsque nous souhaitons acquérir nos tickets auprès de l’agence, celle-ci est fermée. Pas d’autre solution que de prendre un taxi, le deuxième depuis que nous sommes en Amérique du Sud. Nous arrivons vers 21h à La Bolsa del deporte, un immense chalet en bois où des dizaines de voyageurs s’activent en cuisine, à table, dans le jardin, dans le salon ou dans les salles de bain. Une fois installés dans notre chambre qui a des allures de cabane, nous sortons dîner pour plus tard, rentrer nous coucher, pas trop tard. Le lendemain, nous partons, très motivés, à la pêche aux informations dans le but de préparer notre séjour vers le refuge. Deux étapes obligatoires : le club Andin et le bureau du parc national. Nous repartons les poches pleines de cartes et d’informations. Nous devons en revanche trouver par nous-mêmes un moyen de transport pour nous rendre au point de départ de cette randonnée, la petite ville isolée de Pampa Linda. En effet, n’étant pas en pleine saison, la liaison de bus quotidienne n’est pas encore assurée. Nous faisons donc ouvrir une liste de passagers dans une agence de tourisme mitoyenne en espérant que 6 personnes s’y enregistrent avant demain soir ! Nous flânons le reste de la journée dans les rues de la ville qui s’est donnée un air alpin en construisant sur ses berges quelques bâtiments de pierre et de bois ce qui lui vaudra son surnom de « suisse Argentine ». En se promenant, il devient évident que cette ville à une vocation principalement touristique : de part et d’autres de ses artères principales - calle mitre et moreno - se trouvent des boutiques de souvenirs, de vêtements, d’artisanat, de sports et d’innombrables restaurants dont certains proposent même des fondues aux fromages ! Le lendemain, nous faisons nos courses en prévision des 2 jours que nous allons passer en montagne. Nous rigolons de notre amateurisme car des marcheurs avertis prendraient soin de n’emporter que des choses légères et calorifiques mais nous préparons nos repas comme notre envie nous les dictent : saucissons, fromages, pains, amandes, cake, gâteaux, fruits et légumes en tout genre, chocolat et bonbons pour le bon moral de l’équipe. Nous n’oublions pas non plus de louer un sac de couchage pour Matthieu. En fin de journée nous sommes fin prêts. Nous repassons par l’agence où nous avions ouvert la liste de transport mais seulement deux personnes s’y sont inscrites. Nous nous rabattons donc sur le club Andin qui fera partir exceptionnellement un bus demain pour Pampa Linda. Nous sommes certains de nous rendre sur place, moins sûrs d’en revenir car il n’y aura, a priori pas de bus. Nous profitons du reste de la journée pour trouver des idées de cadeaux pour Camille, Stéphanie et Arnaud qui nous recevront pour Noël, chez eux à Mendoza, dans quelques jours. Nous avons rendez-vous le lendemain à 9h devant le club Andin. Le bus part à l’heure en direction de Pampa Linda. L’accompagnateur nous fait profiter de ses connaissances de la région tout au long du parcours.
La fin du voyage sera difficile pour nous deux et nous en voudront en silence au chauffeur de rouler au pas parce que nous avons très très envie d’aller aux toilettes ! Après avoir assouvi cette envie pressante, nous partons à la recherche d’un garde-parc dans le but de les prévenir de notre randonnée. Malheureusement personne n’est présent dans le chalet qui leur sert de bureau. C’est finalement au bout d’un bon quart d’heure que l’un d’entre eux se présente. Il ouvre son bureau et récupère au passage dans la petite boite aux lettres des mots laissés par les derniers marcheurs qui datent d’il y a trois semaines ! Ils n’ont pas l’air de prendre ces enregistrements très aux sérieux. Malgré tout, nous devons compléter un questionnaire détaillé décrivant nos connaissances de la montagne, notre aptitude ainsi que nos informations personnelles en cas de besoin. Nous partons pour de bon en direction du refuge Otto Meiling où nous attendent les tenancières. Une pluie fine s’invite à notre départ, nous voilà partis ! Nous traversons dans un premier temps une vallée où poussent depuis des siècles une forêt de petits arbres aux troncs noirs et fins qui font ressortir le vert de leurs petites feuilles. Nous traversons ensuite un pont qui nous fait passer de l’autre côté de la vallée et nous conduit à présent dans une nouvelle forêt de grands arbres. Le relief commence à s’élever et plus nous montons, plus la végétation rapetisse. Les grands arbres laissent leur place à de petits arbustes recroquevillés et dans un environnement plus dense. Le soleil n’est malheureusement pas avec nous mais le brouillard qui s’invite sur la cime de cette première montagne n’enlève rien au charme de l’endroit. Nous entendons par moment des grondements sourds et terrifiants. Un pan de la montagne qui s’effondre ? Le vent qui s’engouffre dans la vallée ? Une détonation ? Nos suppositions se révéleront toutes fausses, lorsque nous apprenons que les bruits proviennent en fait de pans des glaciers environnants qui s’effondrent. Ces détonations ont donné son nom au Mont Tronador (i.e. tonnerre), un pic célèbre que nous ne verrons malheureusement pas à cause du brouillard. Nous suivons le chemin qui serpente à présent sur une crête. Arrivés au pied d’un pierrier, la végétation s’arrête. Il nous faut à présent suivre des marques blanches qui vont nous guider jusqu’au refuge situé encore un peu plus haut. Le sentier nous offre des vues remarquables sur le glacier Castano Overo, juste en contre-bas du refuge.
Paola nous accueille lorsque nous pénétrons dans le séjour du refuge où la douce chaleur d’un poêle à bois nous attend. Premiers échanges chaleureux avec la tenancière de 25 ans qui partage son temps ici avec son amie que nous avons croisée lors de notre ascension.
Le premier étage concentre la salle à manger, qui fait également office de salon, la cuisine, la réserve et la chambre de Paola. L’étage est un dortoir où des matelas tapissent le sol. Un couple d’Allemands nous rejoints un peu plus tard, Christian et Steffie. Paola n’aura pas besoin de préparer les plats qu’elle connait bien car nous avons tous pensé à monter notre dîner.
Nous discutons ensembles et sur les coups de 23h partons tous nous coucher. La température ne doit pas dépasser les 10° à l’étage. Sophie recouvre Matthieu d’un tas de couvertures et Sophie s’attribuera le même sort. Au petit matin, Matthieu est le premier à se lever et il découvre avec surprise qu’un manteau neigeux recouvre à présent le sol rocailleux que nous avons foulé la veille. Quel beau cadeau de Noël avant l’heure !
Tout le monde est très excité à l’idée de devoir traverser ce champ de neige. Paola se propose de nous accompagner jusqu’à l’orée de la forêt car les marques blanches balisant le sentier ne sont plus visibles et le terrain est devenu potentiellement dangereux. Il nous faudra une heure pour rejoindre les premiers arbres. Nous saluons et remercions Paola qui remonte rejoindre le refuge.
Nous partageons notre route avec notre couple allemand. Nous nous séparerons après le déjeuner car eux continueront vers un nouveau refuge. Nous apprécions ces balades car ce sont des moments où nous pouvons discuter de beaucoup de choses et où l’esprit n’est pas aspiré par d’autres préoccupations. Nous arrivons à Pampa Linda 4h plus tard, vers 14h. Il faut maintenant que nous trouvions un moyen de rentrer à Bariloche. Nous interrogeons l’unique hôtel-restaurant, un chauffeur, le camping afin de trouver une solution. Nous attendons finalement l’ouverture de la barrière où nous faisons du stop. En effet, la route menant à Pampa Linda n’est pas assez large pour deux voitures, les voitures se rendant à Pampa Linda ne peuvent le faire que jusqu’à 14h, les voitures partant de Pampa Linda, quant à elles, ne peuvent rejoindre la civilisation avant 16h. La deuxième voiture nous prend gentiment, il s’agit d’un couple de Brésiliens en vacances. Nous parlons du voyage, du Brésil et de l’Equateur où lui a passé quelques semaines de vacances. Nous retrouvons Bariloche, La bolsa del deporte et nos sacs pour une dernière nuit avant de filer vers Mendoza, notre dernière étape argentine. Nous y retrouverons donc la famille Malfette pour les fêtes de fin d’année mais aussi pour aider Arnaud à installer le camp de pêche de luxe qu’il a créé il y a maintenant 2 ans, Mawadiko. Nous voyagerons cette fois avec la compagnie de bus Andesmar. Nous avons, sans nous en être aperçus, acheté deux places dans une classe executive avec des sièges en cuir ultra-larges et ultra-moelleux. Le steward nous servira trois repas et jouera au bingo avec une partie du bus. Nous arrivons à Mendoza le lendemain au petit matin.
See you
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